33 MINUTES AU COEUR DU MONSTRE
De 00'00 à 04'35 Putting Holes In Happiness (foutre des trous dans le
bonheur)
Un titre mid tempo façonné de riffs de guitare larmoyants et épiques. Sur cette
sérénade heavy dark, Manson revêt une voix de crooner torturé et chiale un
diatribe assassine. Musicalement, on pense au glam métal de Mechanical Animals (notemment
au titre Disassociative). A 2'46, un solo de guitare vient hurler son désespoir
pendant pratiquement un minute (il se termine à 3'37). Du jamais vu chez Manson.
[si, Fundamentally Loathsome] On devine alors que le disque sera
émotionnellement très fort, probablement en lien étroit avec la récente rupture
avec Dita...
De 04'36 à 09'36 When The Heart Guides The Hand (Quand le coeur guide la
main)
Cette fois, c'est une rythmique compulsive et hypnotique qui vient balancer un
tempo martial, limite militariste. On pense à la batterie binaire du Walk In
Line de Joy Division transposé au 21e siècle et surboosté par un son démentiel.
Quelques notes de synthé disséminées subtilement viennent renforcer l'aspect
80's. Le titre est ultra-répétitif et rappelle Violent New Breed de Shotgun
Messiah (ex-groupe de Tim Sköld). Le bassiste assoit ainsi sa domination sur la
composition et mêle son sin indéniable talent à la voix désepérée du God of Fuck.
En final, une boîte à rythme cassée vient nous précipiter dans les abîmes. When
The Heart Guides The Hands s'impose comme l'une des tueries du futur album,
prête à déchirer le danceflood des soirées goth.
De 09'37 à 13'54 They Say Hell Is Not Hot(Ils disent que l'enfer n'est
pas chaud)
On replonge dans un glam métal aux paillettes couleur antharcite. Le titre est
minimaliste, s'effeuille lentement et est dénué d'arrangements électronique trop
envahissants. S'il reconnaît avoir un sévère penchant pour l'absinthe, Manson
semble vouloir jouer la sobriété en privilégiant des instrumentations plus
organiques. Un orgue d'église vient assombrir l'atmosphère après un nouveau solo
de guitare démentiel. Tout comme dans Putting Holes In Happiness, le Révéren
s'essaie ici au chant émotionnel et s'interdit toute rage superflue. C'est comme
s'il s'était résolu à déposer les armes et à fredonner le chant du cygne d'une
humanité en perdition.
De 13'55 à 18'02 Red Carpet Grave(La tombe au tapis rouge)
Grosse surprise pour un titre qui débute d'une façon très british. On pourrait
presque penser aux Who avec des guitares saccédées au son volontairement sale.
Derrière, un beat massif annihile cet effet vintage et propulse le rock anglais
dans une nouvelle dimension. Quelques montées punk viennent copuler avec des
solos criards dans une orgie musicale frénétique. L'eye-liner dégouline sous la
sueur et ce titre destructuré s'achève à grands coups de larsens dans un gros
bordel sonore.
De 18'03 à 24'04 I'm Not Your Vampire(Je ne suis pas votre vampire)
Le groupe - ou plutôt duo tant l'alchimie entre Manson et Sköld semble atteindre
son paroxysme - poursuit l'étonnement. Cette longue procession mystique de 6,01
est remplie d'angoissantes réverbérations. Une mélodie lente et oppressante se
construit au fond d'un crypte poussiéreuse. Quelques choeurs salaces nous
susurrent des horreurs à l'oreille tandis qu'une guitare acoustique désaccordée
rappelle les moments les plus pesants d'Antichrist Superstar. La musique va et
vient au rythme d'effluves érotico dark dictées par le prochète Manson. C'est
bien simple, cette fresque gothique possède toute l'aura et le potentiel pour
succéder à l'indétrônable et mythique Bela Lugosi's Dead de Bauhaus. Une
ambition d'ailleurs à peine dissimulée par Manson, qui a récemment avoué avoir
eu envie de créer ici l'ultime hymne goth. Sûrement son titre le plus
suffoquant...
De 24'05 à 28'02 Are You The Rabbit?(Je Es-tu le lapin ?)
Les riffs métal acérés de Golden Age Of Grotesque font leur apparitions pour
nous cisailler les entrailles sur l'unique titre énervé de cette session
d'écoute. La batterie cataclysmique rythme la cavalcade frénétique d'un Manson
cherchant un lapin de chair à l'intérieur d'un dédale d'acier. Un titre sans
grande surprise, mzis qui semble taillé pour le live et devrait haranguer les
foules.
De 28'03 à 32'58 Just A Crash Away(Juste à un accident de voiture)
Voici une ballade subversive aux triturations guitaristiques pour conclure notre
1ere pré-écoute exclusive. Une nouvelle fois, les spectre de Mechanical Animals
vient hanter un titre à la saveur de Coma White. Manson donne l'impression de
s'appuyer sur des sentiments très forts et chante avec plus de sincérité que
jamais. On dirait qu'il se détache de son personnage d'amuseur public, crachant
de gros morceaux de lui-même à chaque syllabe. Un final qui semble bien
représenter l'état d'esprit de la plupart des nouveaux titres, explorant d'une
manière bouleversante une facette intime jusqu'alors laissée de côté au profit
d'un discours de subversion assumé. L'ultime cadeau de rupture à Dita ?
Retapé par MIGUEL,
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